Ces questions sont le fondement de la chirurgie esthétique. Car avant de conseiller un patient et de choisir les options finales, il faut s’interroger sur ce qu’est véritablement la beauté. Qu’est ce que le Beau ? Ici les principaux éléments de réponse sont empruntés à Léonardo Da Vinci et ses recherches sur le Nombre d’Or gouvernant l’harmonie des formes du corps et du visage. La morphopsychologie est aussi à l’honneur. Grâce à elle, le chirurgien peut aller plus loin dans le diagnostic et dans la prise de décision des choix les meilleurs. Car le but n’est pas de faire un nez en trompette à toutes les patientes en quête d’une meilleure image. Il s’agit de trouver la clé profonde du malaise engendrant le désir de changement et de décider ensuite de l’image réparatrice la meilleure.
Dans cette étape de son travail, le chirurgien esthétique a tout intérêt à être à l’écoute du patient et à connaître la psychologie afin d’élaborer les solutions communes les plus adéquates. Il faut impérativement peser le pour et le contre car après l’opération, c’est trop tard. Lorsque le patient ne se retrouve pas dans son nouveau visage, le réveil peut être cruel et l’échec terrible.
Une question qui sous tend tout le livre comme nous l’avons vu est la relation existant entre la forme et le fond.
On se demande souvent ce qui vient en premier de la forme ou du fond. Autant se poser l’éternelle énigme philosophique bien connue : qu’est ce qui vient en premier de la poule ou de l’œuf ? Ou de la lumière et du feu ? La tradition pythagoricienne définit Dieu comme une sphère dont le centre est partout et la périphérie nulle part. Avant de se manifester, Dieu peut être considéré comme le vide absolu. Lorsqu’il se manifeste, Dieu se polarise émissivement. Il devient le Créateur, le Un. Instantanément, il projette hors de lui la création, l’aspect féminin de Dieu, le Deux. Mais ce qui est intéressant ici, c’est qu’il est dit qu’aussitôt le principe féminin créé, vient l’enfant, le Trois, le principe d’équilibre des polarités sans lequel Dieu s’opposerait à lui-même. Et ceci est fondamental : la CREATION DU 2 ET DU 3 EST SIMULTANEE. Cela signifie que la poule et l’œuf sont créés simultanément. Il en va de même du feu et de la lumière.
QUELLE DEDUCTION PSYCHOLOGIQUE POUVONS-NOUS EN TIRER ?
L’être humain a appris à envisager l’existence d’après la loi apparente de la causalité. Il pense qu’il y a des causes qui engendrent des conséquences. Cette loi a été élevée au rang de vérité absolue. Mais envisager la vie sous ce seul angle peut s’avérer complètement contre-productif.
Nous allons donc proposer d’observer l’existence sous l’angle de la simultanéité, ce qui comme nous allons le constater, va changer radicalement notre perception psychologique.
Prenons un exemple. La loi de causalité stipule que les parents, venant d’abord, mettent au monde des enfants qui sont leur prolongement biologique et dont ils sont responsables. Dans cette vision les enfants sont le produit de l’éducation qu’ils ont reçue. La vision simultanée nous indique qu’il n’y a pas de parent sans enfant. L’enfant est aussi important dans la création de ce lien que le parent. C’est à l’instant même où l’enfant naît que la mère devient mère et que le père devient père. Cela signifie que la responsabilité est partagée. Il est possible de passer sa vie à accuser ses parents de toutes les calamités, mais cette attitude n’arrangera rien, bien au contraire. Elle ancrera l’enfant dans le rôle fossilisant du plaintif ou de la victime. Parfois ce sont les parents qui se lamentent toute leur vie ne n’avoir pas mérité les enfants qu’ils ont eus.
En réalité, il n’y a qu’une question à se poser : que sommes nous venus apprendre les uns des autres ?
Il est important de se rendre compte que pour qu’il y ait une victime, il faut un persécuteur ou un bourreau, comme l’on veut. Ici aussi nous pouvons appliquer la loi de simultanéité. L’un ne va pas ans l’autre et ils naissent en même temps. La victime est le pôle passif d’un couple dont le bourreau est le pôle actif. Notre société prend faits et cause pour la victime qu’elle essaie de soutenir sous toutes les formes possibles ce qui souvent est très utile mais il devient alors tellement pratique de se réfugier derrière cette identité de victime que le sujet devient prisonnier du rôle qu’il joue. Sous l’angle de la simultanéité, les deux vont ensemble. L’un n’est pas meilleur que l’autre. Ce sont deux attitudes paralysant l’évolution, deux types de carcans suffoquant dont il faut apprendre à se défaire. Voir l’autre comme la contrepartie obligatoire pour nous obliger à faire un travail de pardon est l’unique solution.
La victime comme le bourreau sont amenés à pardonner et à se pardonner, à aimer l’autre et à s’aimer. La libération intérieure est à ce prix. La loi de causalité est une source de compréhension de la vie extérieure d’une grande utilité dans de nombreux secteurs de la vie sociale. En ce qui concerne l’observation et la résolution des difficultés de la vie intérieure, nous considérons que la loi de simultanéité offre de biens meilleurs résultats.
Il y a un moment où il faut arrêter d’accuser les autres de tous les maux de notre existence. Appliquer la loi de simultanéité apporte un éclairage hautement bénéfique.
Les aborigènes des cultures traditionnelles existant encore sur cette planète, que les Occidentaux considèrent le plus souvent comme des primitifs, ont gardé ce regard sur le monde.
Il y a quelques années, lors de conférences que je donnais en Nouvelle Calédonie apparut une femme caldoche dont l’histoire va illustrer mon propos. Nous allons l’appeler Cécile.
Quelques jours auparavant, Cécile roulait tranquillement lorsqu’elle arriva à la hauteur d’un gros camion garé sur le bas côté. Au moment où elle dépassait ce véhicule, une petite fille de six ans déboucha. Elle ne put l’éviter. Malgré tous les soins qu’elle prodigua à l’enfant en sa qualité d’infirmière, la petite fille succomba à ses blessures pendant le transport en ambulance vers l’hôpital.
Deux jours après alors qu’elle était encore atterrée par la tragédie, on sonne à sa porte. Elle va ouvrir. Ce sont les parents kanaks de la petite fille qui lui amènent des fleurs en la remerciant de tout ce qu’elle a fait pour sauver l’enfant en attendant les secours.
Ils n’ajoutent que le meilleur moyen de l’aider maintenant et de sentir la joie dans le cœur. Ils terminent l’entretien en lui demandant de venir à la messe parce que leur petite fille serait heureuse qu’elle soit présente avec les amis de son choix.
Le jour des funérailles, voilà Cécile, après beaucoup de luttes intérieures, se rendant à la messe soutenue par son mari et une autre personne. Un banc leur est réservé au premier rang et à la fin de la cérémonie, tous les membres de la communauté kanak viennent leur serrer la main pour avoir eu le courage de se rendre aux obsèques. Cécile était sur la voie de la guérison accélérée. La tragédie se transformait dans l’expérience la plus, importante de sa vie. Ce couple kanak cultivait naturellement une vision de la vie basée sur la simultanéité : la victime et le bourreau sont unis. Le bourreau peut lui aussi se transformer en victime. Notre infirmière aurait pu passer le restant de ses jours à se culpabiliser d’avoir tué l’enfant. Elle aurait alors emprisonné l’enfant dans le cercle vicieux de la causalité. En pardonnant au bourreau, les parents ont libéré leur fille. Ils se sont aussi libérés. Cela aurait pu prendre des années. Cela s’est fait instantanément. Le temps n’existe pas dans le pardon. Tout le monde a gagné. La grandeur d’âme est toujours gagnante.
Ajoutons que la condescendance avec laquelle nombre de caldoches considèrent les kanaks avait été sensiblement écornée ce jour là.
Dans cette histoire, les caldoches sont les représentants de la loi de causalité le plus souvent régie par la tête, l’intellect alors que les kanaks appliquent la loi de simultanéité gouvernée par le cœur puisque l’autre étant un prolongement de moi-même, si je le détruis, je me détruis. Je ne peux que l’aimer... Même si je dois parfois me défendre, l’amour reste la loi gouvernant mon cœur.
Cette vision simultanée de l’existence s’applique aussi à la relation existant entre la forme et le fond, entre le visage et le caractère. Le livre s’appuie sur les lois de la morphopsychologie pour proposer une lecture des causes et des conséquences de l’appel à la chirurgie esthétique. Mais en réalité, ce livre va beaucoup plus loin et invite à une réflexion sur comment mettre en œuvre la beauté sous toutes ses formes dans notre existence.
Pour illustrer cet article, nous avons choisi d’aborder le cas du roi de la métamorphose physique, il s’agit bien sûr de Michael Jackson.
ETUDE DU VISAGE DE MICHAEL JACKSON
Les mêmes questions reviennent toujours en matière de chirurgie esthétique : change –t-on la forme physique parce qu’on est mal dans sa peau et comment va-t-on vivre le nouveau visage ?
Dans le cas d’un artiste connu au niveau planétaire, on ne peut exclure des pressions d’ordre commercial. L’équipe dirigeant sa carrière a très bien pu au départ l’inciter à faire quelques retouches destinées à améliorer son look. Si c’est le cas, l’artiste s’est pris au jeu. Mais plutôt que de nous répandre en conjectures, nous allons appliquer cette vision de la simultanéité pour essayer de comprendre avec beaucoup d’humilité la trame des changements physiques radicaux vécus par ce grand artiste. Cela signifie que Michael Jackson devient ce qu’il est.
Les grands artistes savent sortir du temps et montrent le chemin du paradis de l’éternel présent au public. Ce paradis de l’éternel présent est celui de l’enfant qui vit si bien hors du temps ! C’est le paradis de Peter Pan qui voudrait rester éternellement enfant et qui rejette le monde des adultes incapables de le comprendre et de l’aimer. Pire, l’adulte voit simplement dans l’enfant celui qu’il voudrait qu’il soit. L’enfant devient alors un jouet projectif existant pour son apparence extérieure et non pour sa valeur intérieure profonde. Les valeurs intérieures disparaissent. Seul compte l’apparence extérieure : la forme triomphe du fond.
La valeur du talent disparaît. Seul compte la quantité de dollars que le talent rapporte. Éternelle tragédie des enfants prodiges aimés pour le prodige et pas pour la part d’humanité qu’ils portent en eux. Michael Jackson enfant a un visage complètement dilaté avec une bouche très grande et charnue, un nez extrêmement large indiquant d’énormes besoins affectifs et de grands yeux complètement ouverts sur le monde. Il respire le besoin d’amour. La dilatation du cadre et l’aspect réagissant des récepteurs sensoriels indique une plasticité totale, une impressionnante faculté de fusion avec le monde extérieur, fusion qui génère une remarquable faculté d’imitation.
C’est un danseur hors du commun servi par une vivacité et un sens du rythme hors normes. Le revers de la médaille est la totale incapacité de se protéger des agressions qui se retrouvera plus tard dans la peur viscérale des virus, c’est à dire des agressions invisibles. L’objectif est de se faire aimer à tout prix. LE REGARD QUE L’AUTRE POSE SUR LUI REVET UNE IMPORTANCE FONDAMENTALE. Peut-être est-ce là la source de la future mutation.
C’est son talent qui fait qu’on l’aime. Et qui lui permet de sortir du temps quand il danse ou chante. Mais le monde des adultes est hostile. L’œil gauche de Michael chavire indiquant un état dépressif latent. La solution est de se couper du monde des adultes et de devenir un éternel enfant, attitude que la psychologie qualifie de complexe de Peter Pan avec ses trois syndromes : refus du monde des adultes, refus de grandir et refuge dans l’imaginaire de l’enfant. Il faut alors se créer un environnement féerique qui sera le paradis des enfants où vivront uniquement des enfants et des animaux. Ainsi naît Neverland, le paradis dont le temps est banni. Son maître d’œuvre est Bambi (surnom donné à Michael), autre héros enfant de l’œuvre cinématographique de Walt Disney.
Dans le visage de Michael enfant, le terrain prédisposant à un complexe de Peter Pan est indiqué par tous les traits de fusion avec l’environnement.
Chez Michael Jackson adulte, après les nombreuses opérations, il est marqué par tous les signes de fixation à la petite enfance dont le plus évident est le petit nez enfantin indiquant une affectivité immature avec un besoin compulsif de recevoir de l’amour. Ce nez est complètement à l’opposé de son nez d’origine d’une totale générosité. Les deux caractéristiques affectives : la générosité et la demande permanente d’amour pour coexister sont souvent vécues en alternance. Le piège est de donner matériellement pour pouvoir être aimé affectivement : être aimé pour ce que l’on a plutôt que pour ce que l’on est, pour l’image plutôt que pour le contenu.
C’est le grand piège des origines.
La compensation à la difficulté d’être aimé est de se faire aduler par la foule. L’autre composante du complexe de Peter Pan est l’immaturité sexuelle. L’enfant est fixé au stade pré oedipien. Une des conséquences est l’apparence androgyne de l’adulte resté enfant.
C’est l’autre caractéristique du visage du deuxième Michael. La composante féminine a envahi son visage de mutant. Les trais négroïdes enfin ont été éliminé comme pour signifier la rupture définitive avec l’image des origines alors même que tout indique la fixation aux origines.
GRAND PARADOXE DE LA VIE HUMAINE : CE QUE L’ON VEUT FUIR NOUS RATTRAPPE PAR TOUS LES BOUTS JUSQU’À CE QUE NOUS L’AYONS RÉGLÉ. Dans le visage de Michael Jackson, l’expression traquée du regard est inquiétante et paraît indiquer qu’une pathologie importante s’est installée. Car refuser à tout prix le temps qui passe pour rester un éternel enfant est un exercice périlleux. Lorsque nous avons avancé que Michael Jackson est devenu ce qu’il était, nous voulons dire que toutes les opérations ont abouti à rendre flagrant le complexe qui l’habite.
C’est l’application de la loi de simultanéité en psychologie : nous devenons ce que nous sommes. La forme et le fond ne font qu’un.
Le complexe de Peter Pan est cependant une caractéristique des grands artistes. Car l’œuvre d’art exige le retour à l’âme d’enfant. Mais souvent l’œuvre avorte car le refus du monde des adultes empêche les adultes de reconnaître l’œuvre. Ou bien c’est l’artiste qui est rejeté. On cherche à le condamner. A juste titre ou pas ? Peut importe. Car ceux qui sont différents dérangent. Particulièrement ceux qui font rêver dans un monde où l’imaginaire est banni.
Lorsqu’un individu devient une star planétaire, cela a un sens. Quel est le message que l’inconscient collectif amène à l’humanité par son intermédiaire ?
Michael Jackson est une icône de la conception de la réussite aux Etats-Unis comme par exemple Marilyn Monroe, criblée elle aussi d’opérations esthétiques, et dont le cas est abordé dans « Mieux dans sa peau ». Au pays de l’argent roi, avec l’argent tout est possible, tous les handicaps peuvent être surmontés, même le pire de tous sans doute : la négritude. La seule chose que l’argent n’a pas encore réussi à racheter est la mort. D’où le succès galopant de la chirurgie esthétique qui en faisant reculer la vieillesse donne l’illusion que la mort s’éloigne. Mais l’illusion est fugace et les fantômes rôdent.
L’être humain est en quête du bonheur que la perspective d’une mort inéluctable semble rendre impossible. Extérieurement cela est vrai, mais nous sommes loin d’avoir triomphé de tous nos obstacles intérieurs. Un univers intérieur sans limites nous habite. Il déborde de richesses insoupçonnées et de solutions inattendues. Et il n’y a pas d’autre choix : si une solution existe à la peur fondamentale résumant toutes les autres, celle de la mort, elle ne peut être qu’à l’intérieur de nous. Nous sommes condamnés à un travail intérieur si nous voulons avoir une chance de trouver le bonheur. Et cela vaut bien la peine d’essayer !